Retours d’expériences d’actions en faveur de la biodiversité

Retours d’expériences d’actions en faveur de la biodiversité

Des actions portées par les collectivités et les entreprises

Ces retours d’expériences illustrent des initiatives portées par des collectivités normandes en faveur de la biodiversité.
Chaque fiche détaille l’action pas à pas, les raisons de l’implication de la collectivité, les partenariats avec d’autres acteurs du territoire, les difficultés rencontrées et les perspectives envisagées. Des documents utiles sont également mis à disposition par chaque collectivité.

Sommaire

ÉCO-PÂTURAGE AU SERVICE DU ZÉRO PHYTO

La gestion différenciée d’un poste électrique à haute-tension

Réseau de Transport d’Électricité (RTE)

RTE met en place un éco-pâturage diversifié pour entretenir de façon naturelle les délaissés du poste électrique de Terrette situé sur la commune d’Amigny. Cette action s’inscrit dans une démarche zéro phyto favorisant les solutions alternatives pour l’entretien de la végétation des sites industriels et tertiaires de RTE. Grâce à une collaboration avec un éleveur local, des animaux entretiennent les délaissés pour une durée de 3 ans renouvelables.
De son côté, RTE installe des équipements pour les accueillir : abreuvoir, abri, balisage, etc. L’entreprise les adapte en fonction des difficultés signalées par ses techniciens lors de leur activité sur le site.

L’origine du projet
+

En 2017, avant le déploiement de la stratégie « 0 phyto »
de l’entreprise et le plan national Écophyto, les responsables du poste de Terrette recherchent une alternative à l’utilisation de produits phytosanitaires pour l’entretien des délaissés du poste électrique. L’attente est forte pour les salariés de RTE.

5 raisons pour agir
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  1. Entretenir sans produits phytosanitaires et diminuer son empreinte carbone.
  2. Préserver le bien-être des techniciens.
  3. Valoriser la biodiversité.
  4. Favoriser l’emploi local.
  5. Participer à la sauvegarde des races rustiques.

PROGRAMME DE RECOMPOSITION BOCAGÈRE

Limiter le ruissellement et l’érosion pour préserver la qualité des eaux

Communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie (50)

Depuis plusieurs années, la Communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie (CAMSMN) mène deux Programmes pluriannuels de Recomposition Bocagère (PPRB) visant, majoritairement, la réalisation de haies bocagères anti-érosives.
Cette action se concrétise par l’animation, la sensibilisation puis la création ou la restauration de haies sur talus. En pratique, les travaux comprennent :
la réalisation de talus bocagers, la plantation de haies, les fournitures, la protection des plants bocagers, le paillage et l’entretien des jeunes plantations pendant les trois premières années. Les travaux sont pris en charge en intégralité par les Agences de l’eau Seine Normandie et Loire Bretagne, la Région Normandie et la CAMSMN.

L’origine du projet
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De nombreuses haies ont disparu sur la Communauté d’agglomération entraînant des phénomènes de ruissellement, de coulées de boue et d’érosion qui impactent fortement la qualité des eaux des trois bassins versants présents sur le territoire. Des matières organiques en suspension et des éléments utilisés en agriculture sont transférés directement dans les cours d’eau détériorant leurs qualités physique et chimique. Encouragée par les différents dispositifs d’aide pour lutter contre l’érosion des sols et favoriser la qualité des eaux, la CAMSMN entreprend de revitaliser son bocage par l’installation de talus et la création ou la restauration de linéaires de haies anti-érosives.

6 raisons pour agir
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  1. Maîtriser les ruissellements et réduire le risque inondation par coulées de boues
  2. Lutter contre l ’érosion
  3. Sécuriser les eaux superficielles
  4. Préserver le potentiel de fertilité des sols agricoles
  5. Préserver la qualité des eaux
  6. Restaurer la biodiversité et les continuités écologiques

CRÉATION DU SENTIER DES MARES
Un atout environnemental et touristique
Flocques (76)

La commune de Flocques a créé un réseau de cinq mares reliées entre elles par des noues et agrémenté d’un sentier pédestre de 2,2 km. Le parcours est ponctué d’autres aménagements : talus, merlons, haies bocagères, vergers pour favoriser la formation d’un corridor écologique favorable à la préservation des habitats et des espèces.
Pour sensibiliser la population, des aménagements pédagogiques sont placés le long du sentier. Le parcours renforce également l’attractivité touristique du territoire.

L’origine du projet
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Afin de résoudre les problèmes de ruissellement et d’inondation rencontrés lors de fortes pluies sur une partie de la commune, un projet est envisagé avec l’installation de canalisations. La commune de Flocques imagine un aménagement plus écologique et ne le retient pas car trop coûteux et peu attractif.
Elle répond alors favorablement aux sollicitations du Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Yères et de la Côte (SMBVYC) qui préconise la création d’un réseau de mares pour répondre à ces problèmes de ruissellement.

4 raisons pour agir
+
  1. Lutter contre le ruissellement, les inondations et l’érosion des sols
  2. Agir en faveur de la biodiversité
  3. Améliorer la qualité de vie des habitants
  4. Développer l’attractivité touristique de la commune

RENATURATION DE LA VILLE
Aménager en faveur de la biodiversité à coût constant
Ville d’Eu (76)

La renaturation de la ville s’impose comme une stratégie pour redynamiser le territoire et améliorer le cadre de vie des habitants. Le plan d’action de la ville d’Eu s’est déroulé en plusieurs étapes venues en complément les unes des autres : végétalisation du centre-ville puis de toute la commune, désimperméabilisation des trottoirs, mise en place de l’écopâturage et de la gestion différenciée et aménagements pour une meilleure gestion des eaux pluviales. Toutes les actions sont réalisées par les services communaux. Habitants et commerçants sont consultés avant travaux ou sensibilisés après. L’implication de la population renforce son adhésion et le bilan est très positif.

L’origine du projet
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La ville d’Eu souhaite revitaliser son centre bourg et lui donner une identité forte pour offrir un cadre de vie agréable aux habitants et devenir une commune à fort attrait touristique. La municipalité veut aussi déminéraliser peu à peu son territoire et s’inscrire durablement dans la protection de l’environnement.
Les budgets contraints de la commune obligent les services à être inventifs pour apporter des réponses à moindre coût sans dénaturer l’esthétique urbaine. Seul le végétal offre une réponse d’ensemble à ces attentes multiples.

5 raisons pour agir
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  1. Améliorer le cadre de vie des habitants
  2. Développer l’attractivité touristique de la commune
  3. Agir en faveur de la biodiversité
  4. Réduire la pollution des eaux de ruissellement et mieux préserver la ressource en eau
  5. Renaturer la ville à coût constant

PROGRAMME MARES
Pour connaître, restaurer et gérer les mares du territoire – Métropole Rouen Normandie (76)

Depuis 2011, la Métropole Rouen Normandie (MRN) a engagé un vaste programme de recensement, caractérisation, valorisation, protection et restauration des mares sur les 71 communes de son territoire. Le programme réunit les acteurs agissant localement en faveur de ces milieux pour mutualiser connaissances et compétences afin d’apporter une protection concertée des mares de la collectivité.
La MRN réalise un accompagnement à plusieurs échelles (communes, habitants, entreprises, scolaires) afin de développer la connaissance de ces milieux humides disséminés sur tout le territoire.

L’origine du projet
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Les mares sont de petits milieux naturels mais qui jouent, à leur échelle, un rôle majeur en matière de biodiversité, de paysage, d’hydraulique douce ou encore d’épuration de l’eau. Pour la MRN, les mares présentes sur le territoire constituent un enjeu fort pour la Trame verte et bleue locale. Dans ce contexte, la Métropole a décidé d’engager une politique ambitieuse en matière de préservation, restauration et valorisation de ce patrimoine naturel et s’est lancé en 2011 dans un programme d’action, dénommé « Programme Mares ».

6 raisons pour agir
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  1. Mieux connaître le réseau de mares du territoire et son fonctionnement afin notamment de le prendre en compte dans les documents d’urbanisme
  2. Aménager/préserver un réseau de continuités écologiques
  3. Contribuer à la maîtrise du ruissellement
  4. Sensibiliser les propriétaires de mares sur les bonnes pratiques de gestion de ces espaces
  5. Inciter les propriétaires à engager des travaux de restauration écologique
  6. Devenir exemplaire dans la gestion des mares

Éclairage public à la demande une solution pour réduire la pollution lumineuse – Pont-de-l’Arche (27)

La ville éteint son éclairage public de 23h à 5h sur une zone couvrant les trois quarts de la commune. Les habitants ont la possibilité de rallumer les lampadaires selon leurs déplacements à partir d’une application jallume.fr dont tout le dispositif est imaginé par un habitant de… Pont-de-l’Arche.
Chaque armoire électrique est équipée d’une horloge astronomique reliée à l’application par l’intermédiaire d’un programme. Chaque promeneur se géolocalisant sur l’application déclenche l’éclairage de la zone pour
15 minutes.
Pont-de-l’Arche réalise des économies financières et énergétiques tout en limitant la pollution lumineuse et son impact sur la biodiversité nocturne.

L’origine du projet
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En 2016, Pont-de-l’Arche décide d’éteindre son éclairage public la nuit pour réaliser des économies financières et énergétiques tout en limitant la pollution lumineuse. Le sujet est sensible pour les habitants qui y voient une source d’insécurité. Un Archépontain cherche alors une solution qui satisfera la plupart des habitants :
extinction de l’éclairage la nuit avec possibilité de rallumer les lampadaires temporairement. Les systèmes de détection (piétons, vélos, voitures) et allumage automatique des candélabres existent mais cette innovation reste coûteuse et demande un équipement pour chaque lampadaire.

5 raisons pour agir
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  1. Réduire ses dépenses énergétiques.
  2. Préserver la biodiversité.
  3. Réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et lutter contre les changements climatiques.
  4. Redécouvrir la quiétude de la nuit.
  5. Et aussi… Soutenir l’innovation d’un Normand résidant à Pont-de-l’Arche !

Un parc urbain, refuge de la biodiversité – Alizay (Eure)

En début d’année 2020, le parc de la mairie d’Alizay, dans l’Eure, devient un refuge Ligue de la protection des oiseaux (LPO). La municipalité a signé une convention reconductible avec la Ligue de protection des oiseaux qui lui offre un accompagnement personnalisé tout au long de la démarche grâce à sa technicité et son expertise. Des espaces du parc vont être mis en valeur afin de préserver et d’accueillir la biodiversité en créant des conditions propices à l’installation de la faune et de la flore sauvages, tout en offrant à l’homme un cadre de vie agréable.

L’origine du projet
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La municipalité souhaite décliner ses ambitions écologiques avec de nouvelles actions concrètes. Une réelle volonté anime les élus et les agents pour préserver et encourager la biodiversité sur Alizay. Engagée en gestion différenciée depuis 2014, labellisée Charte Fredon, lauréate TEN depuis 2019, les effets sur la biodiversité de la commune sont perceptibles. Devenir Refuge LPO est un bon moyen de communiquer et de sensibiliser les habitants dans cette démarche.

3 raisons pour agir
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  1. Pour prendre conscience de la richesse de la biodiversité de sa commune
  2. Pour sensibiliser la population à la connaissance de la biodiversité
  3. Pour préserver la biodiversité ordinaire… et pas seulement

Un atlas de la biodiversité communale (ABC) pour connaitre et préserver la biodiversité du territoire – Cormelles le Royal (Calvados)

L’atlas de la biodiversité communale (ABC) de Cormelles le Royal est lancé au début de l’année 2019.
Ce programme coordonné par le CPIE Vallée de l’Orne accomplit en 3 ans un état des lieux de la faune et de la flore présentes sur la ville. Les inventaires sont réalisés par des associations naturalistes locales reconnues dans leur domaine de compétence. Des préconisations sont proposées pour maintenir et améliorer cette biodiversité locale. De nombreuses actions de sensibilisation et d’information sont organisées à destination des Cormellois (élus, scolaires, habitants, associations…) afin d’impliquer tous les habitants dans la démarche et faciliter l’appropriation des enjeux de préservation de la biodiversité.

L’origine du projet
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Dès 2013, les élus de Cormelles le Royal travaillent à l’élaboration d’un Schéma Directeur du Développement Durable (SDDD) pour mettre en place des actions concrètes sur le territoire en faveur du développement durable. S’appuyant sur un référentiel national et après consultation des habitants, de nombreuses actions voient le jour : gestion différenciée sur certains espaces verts de la commune, Semaine du développement durable, PADD (programme d’action du développement durable) pour sensibiliser les enfants sur des temps scolaires, périscolaires, associatifs… et la réalisation d’un Atlas de la biodiversité communale (ABC).

3 raisons pour agir
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  1. Sensibiliser et mobiliser les élus, les acteurs socio-économiques et les citoyens à la biodiversité
  2. Obtenir une plus grande connaissance de la biodiversité sur la commune et identifier les enjeux liés
  3. Faciliter la prise en compte de la biodiversité lors de la mise en place des politiques communales

Restauration de la continuité écologique de l’Orne ou comment concilier enjeux écologiques et enjeux nautiques – Communauté de communes Cingal – Suisse Normande (Calvados)

Pour répondre aux recommandations du SAGE Orne Moyenne (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux), la Communauté de communes Cingal – Suisse Normande engage en 2017 un programme de Restauration de la Continuité Ecologique (RCE).
Ce programme vise à accompagner les propriétaires d’anciens ouvrages hydrauliques (seuil de moulin, pêcherie) dans des projets de renaturation de l’Orne en supprimant les vestiges qui entravent le bon écoulement des eaux. Huit anciens ouvrages ruinés et sans usage sont ainsi concernés.
Véritable projet de territoire, ce programme réunit l’ensemble des usagers du cours d’eau et veille ainsi à concilier les enjeux écologiques et économiques avec une attention particulière portée sur le maintien des activités nautiques.

L’origine du projet
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Les cours d’eau font l’objet d’un classement réglementaire obligeant les propriétaires d’ouvrages hydrauliques à en garantir la continuité écologique. Pour laisser la libre circulation des espèces aquatiques et le maintien du transit sédimentaire, des passes à poissons, l’abaissement ou encore la suppression totale de l’ouvrage sont envisageables. Mais quelle que soit la solution retenue, elle nécessite une expertise technique et un coût important pour le propriétaire. Un soutien technique et financier peut être alors apporté par les collectivités compétentes et leurs partenaires.

3 raisons pour agir
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  1. Améliorer l’état écologique du cours d’eau
  2. Maintenir des activités nautiques et halieutiques respectueuses de la vie aquatique
  3. Préserver la biodiversité locale

Mise à disposition de terrains pour le fauchage ou l’écopâturage – Métropole Rouen Normandie (Seine-Maritime)

La Métropole Rouen Normandie met à disposition des terrains gratuitement en échange de leur entretien par fauchage tardif ou écopâturage. Les sites peuvent appartenir à la collectivité ou à d’autres entités du territoire. En encadrant ce dispositif, la collectivité facilite la mise en relation entre les propriétaires fonciers et les propriétaires d’animaux, apporte un appui technique et valorise un mode de gestion favorable à la biodiversité

L’origine du projet
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Dans le cadre de ses programmes en faveur de la biodiversité et de l’agriculture menés depuis 2012, la Métropole Rouen Normandie a opté pour le fauchage tardif ou le pâturage de certains espaces verts : bordures de champs, échangeurs, terrains sportifs, lotissements…
C’est un moyen efficace pour entretenir les sites à moindre coût et baisser la quantité de déchets verts produits. La mise à disposition de terrains s’inscrit dans cette démarche.

6 raisons pour agir
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  1. Favoriser la biodiversité en entretenant les parcelles par une gestion écologique
  2. Réduire les coûts de gestion (fauchage et transport) des espaces verts
  3. Être vecteur de lien social entre les hommes et la nature, entre propriétaires et exploitants
  4. Transformer les déchets verts en ressources
  5. Éliminer les nuisances sonores (liées aux engins mécaniques d’entretien)
  6. Communiquer plus facilement autour de la gestion des espaces verts

Végétaliser les pieds de murs pour embellir les trottoirs – Caen (Calvados)

Pour donner davantage de place au végétal en milieu urbain, la ville de Caen encourage les riverains à végétaliser les pieds de mur de leur habitation. En agissant sur les façades et les murs, la présence du végétal apporte différents avantages aux usagers et à l’espace urbain. Elle est une réponse possible aux enjeux écologiques et à l’amélioration du cadre de vie en ayant aussi pour mérite d’impliquer les habitants.

L’origine du projet
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Le projet a été impulsé en 2014 par deux Caennais fortement impliqués dans l’écologie, salarié et administrateur du CREPAN (association environnementale).
L’idée initiale était de remettre du végétal dans la ville et de lutter contre le tout minéral. Après avoir convaincu leurs voisins de végétaliser leurs trottoirs, ils ont demandé une autorisation à la municipalité de Caen. La ville a accepté le projet. La végétalisation en pied de mur appuie la politique de la commune, déjà engagée dans la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.

9 raisons pour agir
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  1. Faciliter l’infiltration des eaux de pluie et limiter le ruissellement
  2. Contribuer au rafraîchissement de la ville
  3. Favoriser la convivialité et améliorer les relations de voisinage
  4. Développer une écologie citoyenne et participative
  5. Donner une image positive de la biodiversité
  6. Embellir la ville
  7. Limiter le désherbage
  8. Offrir refuges et sources de nourriture à la petite faune (insectes, invertébrés, oiseaux…) et lui permettre de se déplacer
  9. Participer à l’amélioration de la qualité de l’air en absorbant certains polluants et le CO2

Pourquoi pas vous ?
Vous aussi, vous avez initié des actions en faveur de la biodiversité sur votre territoire ? Vous aimeriez les présenter et les partager pour inspirer d’autres collectivités ? L’ANBDD recense et valorise les initiatives des communes et des intercommunalités pour faciliter la mise en place de nouveaux projets.
Catherine Larinier
Catherine Larinier
Capitalisation et valorisation des expériences
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