Les forêts de Normandie

Les forêts de Normandie

La forêt est ici définie au sens de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations). Elle correspond à une « formation d’au moins 50 ares et de largeur supérieure ou égale à 20 mètres, composée d’arbres capables d’atteindre une hauteur de 5 mètres à maturité in situ et dont le couvert absolu total est supérieur ou égal à 10 %, et de végétaux non cultivés ».
Les formations ne remplissant pas ces critères mais les ayant manifestement remplis moins de cinq ans auparavant (suite, par exemple, à une coupe à blanc) sont comptées comme forêt tant qu’il n’y a pas de changement manifeste d’occupation du sol (culture, artificialisation, etc.).
Elles sont considérées comme des landes au-delà de la période de cinq ans, toujours s’il n’y a pas de changement manifeste d’occupation du sol. La forêt française est dans une phase d’accroissement depuis le milieu du XIXe siècle, elle couvre 17,5 millions d’hectares, soit 32 % du territoire et représente la 4e superficie forestière de production de l’Union européenne

Chiffres clés – La forêt en Normandie

  • 441 000 ha de forêt* en Normandie (11e des 13 régions métropolitaines concernant la surface forestière).
  • Avec 15 % de son territoire couvert de forêts (contre 32 % au niveau national), la Normandie est la deuxième région la moins boisée de France.
  • La superficie de forêt évolue en moyenne annuellement de + 0,5 % par an depuis 1988 en Normandie (+ 0,7 %/an en France depuis 1986).
  • 78 % de forêts privées et 22 % de forêts publiques en Normandie (respectivement 75 % et 25 % en France métropolitaine).
  • 82 % des peuplements purement feuillus** en Normandie (contre 67 % pour la France métropolitaine).
  • 5,3 espèces d’arbres par placette d’inventaire (soit environ 2 000 m²) en Normandie (contre 5 en moyenne en France métropolitaine).
  • 85 millions de m3 de bois vivant*** présents dans les forêts normandes (9e position pour la ressource sur les 13 régions), soit un volume moyen de 197 m3/ha (173 m3/ha en France métropolitaine).
  • Le flux de bois en Normandie est en augmentation de 1,8 m3/ha/an
  • L’Orne, la Seine-Maritime et l’Eure concentrent 85 % de la récolte normande de bois en 2022.
  • Les conifères représentent les 2/3 de la production de sciages en 2022.
  • La filière forêt-bois en Normandie compte plus de 9 300 salariés.

Répartition et composition des forêts normandes

La carte montre que les massifs forestiers sont inégalement répartis en Normandie. On les retrouve notamment sur les pentes des vallées des cours d’eau (Seine, Risle, Iton, Eure, Arques, etc.) et de manière plus éparse sur le territoire.
Parmi ces massifs forestiers, 71 % sont constitués de mélanges de feuillus, tandis que les peuplements mixtes, associant feuillus et résineux, représentent 10 % des surfaces forestières. Les mélanges de résineux sont plus rares et couvrent seulement 1 % du territoire. Les peuplements monospécifiques, quant à eux, occupent 18 % des forêts normandes. Parmi ces derniers, 90 % sont constitués de feuillus, contre 10 % de résineux

Les forêts normandes au sein des aires protégées

Sur les 441 000 hectares de forêts en Normandie, 157 948 hectares sont au sein d’aires protégées, soit environ 36 %.
Parmi ces aires protégées, certaines bénéficient du statut de zone de protection forte, incluant les réserves biologiques
(intégrales ou dirigées), les arrêtés de protection (biotope, géotope ou habitats naturels) ou encore les réserves naturelles.
Actuellement, 5 585 hectares de forêts normandes sont dans des zones de protection forte, soit 1,3 % de la surface
forestière totale dans la région.

Forêts normandes selon l’inventaire forestier national

Superficie forestière absolue
En Normandie, on retrouve 441 000 ha de forêt, ce qui en fait la 11e des 13 régions administratives concernant sa superficie forestière.

Parmi ces 441 000 ha, 78 % des forêts sont privées (contre 75 % en France métropolitaine), et 22 % sont publiques (contre 25 % en France métropolitaine).
La superficie évolue en moyenne annuellement de +0.5 % par an en Normandie depuis 1988, contre +0.7 % par an en France depuis 1986. Il existe une forte disparité entre l’Eure et la Seine-Maritime où la surface forestière stagne (+0,1 % par an) depuis 1988, et le Calvados, la Manche et l’Orne où elle augmente d’environ 1 % par an depuis 1987, essentiellement du fait des boisements de terre agricole

Taux de boisement selon les départements normands

Le taux de boisement est de 15 % en Normandie, contre 32 % en moyenne en France métropolitaine. Cela place la Normandie juste au-dessus des recommandations minimales concernant le taux de boisement.
En s’intéressant aux départements, les massifs forestiers couvrent :
· 6 % de la Manche : 37 000 ha (+/- 6 000 ha) ;
· 11 % du Calvados : 63 000 ha (+/- 9 000 ha) ;
· 17 % de l’Orne : 104 000 ha (+/- 6 000 ha) ;
· 17 % de la Seine-Maritime : 109 000 ha (+/- 11 000 ha) ;
· 21 % de l’Eure : 129 000 ha (+/- 9 000 ha).

Évolution de la composition des peuplements

En plus de la composition des peuplements, leur structure et la gestion sylvicole pratiquée (futaie régulière, futaie irrégulière, taillis, mélange futaie-taillis) influencent également le niveau de biodiversité.
En Normandie, 82 % des peuplements sont purement feuillus, contre 67 % pour la France métropolitaine (sur la période 2019-2023). Sur cette même période, 11 % des peuplements de Normandie sont purement conifères et 7 % en peuplement mixte.

Richesse en espèces d’arbres

Cet indicateur renseigne directement sur l’une des composantes de la diversité des forêts, la richesse locale en essences influençant en général positivement la diversité locale des autres groupes taxonomiques. Le nombre moyen d’espèces d’arbres par placette d’inventaire en Normandie est de 5,3* (5 en moyenne en France métropolitaine).

Ressource en bois vivant, dont très gros bois

On trouve 85 millions de m3 de bois vivant dans les forêts normandes (9e région administrative sur 13 pour la ressource), ce qui équivaut en moyenne à 197 m3/ha (172 m³/ha en France métropolitaine). Ce volume augmente en moyenne annuellement de +1,6 % par an depuis 1988 (+1,6 %par an en France métropolitaine). La ressource en bois est à 94 % très facile ou facile d’accès.

Les très gros arbres sont des éléments essentiels au maintien d’une biodiversité typiquement forestière (coléoptères saproxyliques, mais aussi certains oiseaux ou chauves-souris, des mousses et lichens, etc.), notamment grâce aux microhabitats plus fréquemment rencontrés sur de très gros arbres, comme des cavités ou des coulées de sève.
Concernant les feuillus, le volume de bois augmente pour presque toutes les dimensions des troncs au cours des inventaires successifs, y compris pour les très gros bois. Seule la plus faible classe de diamètre (7,5 cm à 17,5 cm) a une tendance à la baisse.

Bois mort sur pied
De la même façon que les très gros arbres, le bois mort peut servir d’indicateur de la biodiversité et de la santé de l’écosystème. En effet, on estime que les espèces inféodées au bois mort (espèces saproxyliques) représentent près du quart des espèces forestières en métropole, soit plus de 10 000 espèces de champignons, coléoptères, mousses, etc.
L’indicateur présenté ici concerne uniquement le bois mort sur pied. Une évolution brusque du volume de bois mort sur pied récent (de moins de 5 ans) peut ainsi révéler un problème.

Les dendromicrohabitats
En Normandie, on estime qu’il y a en moyenne 22 arbres porteurs de dendromicrohabitats par hectare dans les forêts en espace protégé, soit 63 dendromicrohabitats par hectare. Ce nombre varie selon l’essence considérée, les chênes et les hêtres, par exemple, hébergent 80 % des dendromicrohabitats alors que les résineux ont tendance à en porter beaucoup moins. Pour en savoir plus sur le sujet, n’hésitez pas à consulter la publication sur le sujet, accessible via le lien ci dessous !
Les coléoptères saproxyliques
La conservation des massifs forestiers ainsi que des insectes inféodés au bois mort, tels que les coléoptères saproxyliques, sont deux objectifs convergents en France et, par voie de conséquence, en Normandie. Les coléoptères saproxyliques occupent une place importante dans les milieux boisés, notamment au sein des écosystèmes forestiers européens, puisqu’ils représentent entre 20 et 25 % des espèces forestières. La faune connue des coléoptères saproxyliques de Normandie est à ce jour constituée de 877 espèces. Ils exercent, en forêt et en bocage, différentes fonctions indispensables dans les processus de dégradation et de recyclage de la nécromasse ligneuse (bois mort). Pour en savoir plus sur le sujet, consultez la publication spécifique disponible grâce au lien ci dessous.

D’autres informations sont détaillées dans la publication spécifique sur les forêts telles que le flux de bois, les indicateurs de suivi et d’évaluation des forêts de Normandie et quelques éléments indispensables de réglementation !

Pour en savoir plus, téléchargez la fiche complète de notre collection Indicateurs de Biodiversité Normandie consacrée aux forêts de Normandie

Iuna Thomas
Iuna Thomas
Chargée de mission scientifique – Analyse et traitement de données